Au Portugal, le sport scolaire vient d’entrer dans une nouvelle étape. En 2026, le gouvernement a adopté une stratégie nationale pour le sport scolaire 2026-2036, avec l’ambition de renforcer la pratique sportive chez les jeunes et d’en faire un véritable pilier de l’école. L’un des objectifs affichés est qu’à l’horizon 2036, plus de 63 % des élèves pratiquent régulièrement une activité sportive.
Le sport gagne du terrain dès l’école
Cette nouvelle stratégie s’appuie notamment sur le Desporto Escolar, le programme national de sport scolaire. Il permet aux élèves de pratiquer et de découvrir de nombreuses disciplines dans le cadre de leur établissement, en complément des cours classiques d’éducation physique.
L’offre va des sports collectifs comme le football, le volley ou le handball à des activités individuelles ou plus originales, comme le badminton, le padel, le canoë, le patinage ou encore la voile.
La formation des enseignants occupe elle aussi une place importante. À l’été 2026, près de 600 enseignants venus de tout le pays se sont réunis à Guarda à l’occasion de la Semaine nationale de formation du sport scolaire. Pendant quatre jours, ils ont suivi 25 heures de formation dans 18 domaines sportifs afin d’actualiser leurs connaissances et leurs pratiques pédagogiques.
À Lisbonne, la municipalité complète cette politique avec un programme de soutien à l’éducation physique dans les écoles primaires publiques. Il prévoit notamment un bloc natation composé de 12 séances de 45 minutes réparties sur six semaines, avec accès gratuit et transport jusqu’aux piscines pris en charge par la ville.
La capitale développe aussi les Clubes de Mar (« clubs de la mer »), qui permettent aux élèves des écoles publiques de découvrir gratuitement la voile, l’aviron ou la voile adaptée. Une initiative qui reflète la place particulière des activités nautiques dans un pays largement tourné vers l’Atlantique.
Le sport, bien plus qu’une façon de se dépenser
Faire du sport aide l’enfant à grandir et à développer son corps. Chez les plus petits, il participe à l’équilibre, à la coordination et à la maîtrise des mouvements. En grandissant, il améliore l’endurance, l’agilité et la musculature.
Mais le sport agit aussi sur le cerveau. Selon l’Institut du cerveau, une activité physique régulière favorise notamment la concentration, la mémoire, l’attention et la gestion du stress. Chez les enfants et les adolescents, elle contribue également à la plasticité cérébrale et accompagne ainsi les apprentissages.
Et puis il y a le mental. Rater un geste, perdre un match, gérer le stress avant une compétition ou réussir quelque chose que l’on pensait impossible apprend peu à peu à persévérer, à gérer ses émotions et à se dépasser.
Quel sport à quel âge ?
- De 3 à 5 ans : découvrir son corps
À cet âge, l’objectif est surtout de bouger et de s’amuser. Baby-gym, natation, éveil sportif, danse ou activités rythmiques permettent de travailler équilibre et coordination sans entrer trop tôt dans la compétition.
- De 6 à 9 ans : tester et varier
Football, handball, volley, badminton, natation, patinage ou arts martiaux : c’est une période idéale pour essayer plusieurs disciplines et comprendre ce qui plaît vraiment à l’enfant.
Tester différents sports permet aussi de voir s’il préfère le collectif, la technique, l’endurance, la vitesse ou des activités plus individuelles. Au Portugal, c’est aussi l’âge où certains enfants peuvent commencer à découvrir des disciplines liées à l’eau, comme le canoë ou la voile, lorsqu’elles sont proposées par les clubs ou les structures locales.
Et s’il montre très tôt une vraie passion ou des facilités particulières pour une discipline, rien n’empêche évidemment de la pratiquer plus sérieusement.
- À partir de 10 ans : commencer à choisir
Après avoir essayé différentes activités, les goûts se précisent généralement. L’enfant peut alors avoir envie de se diriger davantage vers un sport, de progresser, de participer à des compétitions ou simplement de continuer celui dans lequel il se sent le mieux.
C’est aussi à cet âge que l’offre peut s’élargir vers des disciplines plus techniques ou spécifiques, comme le padel, le canoë, l’aviron ou la voile, particulièrement présents dans l’offre sportive portugaise. Les activités nautiques peuvent ainsi constituer une vraie alternative aux sports collectifs traditionnels.
Quel sport pour quel enfant ?
Pour se dépenser : football, handball, basket, natation ou athlétisme conviennent bien aux enfants qui ont besoin de bouger.
Pour jouer en groupe : football, basket, volley ou handball développent le plaisir du collectif et l’esprit d’équipe.
Pour progresser à son rythme : tennis, badminton, natation, gymnastique ou padel permettent davantage de mesurer ses propres progrès.
Pour apprendre la maîtrise de soi : judo, karaté et autres arts martiaux travaillent concentration, discipline et respect des règles.
Pour travailler le maintien et la précision : la danse classique, la gymnastique ou le patinage développent posture, souplesse et coordination, mais aussi rigueur et persévérance.
Pour les amateurs de défis : escalade, escrime, canoë ou aviron peuvent séduire les enfants attirés par la technique et le dépassement de soi.
Pour ceux qui aiment l’eau et le plein air : voile, canoë, aviron ou natation permettent de combiner activité physique, coordination et découverte d’un environnement différent.
Au Portugal, regarder aussi au-delà du football
Le football reste évidemment incontournable, mais il est loin d’être la seule option. Volley, basket, natation, tennis, gymnastique et danse occupent également une place importante chez les jeunes Portugais.
La géographie du pays compte aussi beaucoup. Avec son long littoral atlantique, le Portugal offre de nombreuses possibilités pour pratiquer le surf, la voile, l’aviron, le canoë ou d’autres activités nautiques. Autour de Lisbonne, Cascais ou Ericeira, ces sports sont particulièrement accessibles, tandis que randonnée, escalade et autres activités de pleine nature sont davantage présentes dans les régions montagneuses et rurales.
Les 5 questions à se poser avant de l’inscrire
- Est-ce vraiment lui qui a envie d’essayer ?
- Peut-il faire une séance d’essai avant de s’engager ?
- L’ambiance du club correspond-elle à ce qu’il recherche : loisir, progression ou compétition ?
- Le rythme est-il réaliste pour l’enfant et pour toute la famille ?
- Et surtout : a-t-il envie d’y retourner ?
Le bon sport n’est pas forcément celui que pratiquent ses amis ou celui dans lequel les parents l’imaginent exceller. C’est celui qui lui permet de bouger, de progresser, de se dépasser et surtout d’avoir envie de recommencer.







